Historique

Pour tous ceux qui portèrent en leur lointaine ou encore proche jeunesse la casquette et le sautoir noir-bleu-noir, Gymnasia est synonyme d’amitié. Indéfectible et inconditionnelle cette amitié a été et reste la seule raison d’être de notre société. Celle-ci, comme la plupart des sociétés estudiantines, eut, à Grange-Canal, des débuts modestes.

Tandis qu’en son lac bleu se reflète Genève,

Septembre dix-huit cent quatre-vingt-neuf s’achève.

Neuf jeunes collégiens, dans le somptueux décor

D’un jardin que l’automne empourpre et tache d’or,

  • Jules Bruder
  • Jules Droin
  • Paul Dutoit
  • Marc Goetz-Lebaron
  • Adolphe Moosbrugger
  • Paul Perrelet
  • Victor Snell
  • Maurice Thomas
  • Michel Tswett
se réunissent pour écouter l’un réciter ses vers, l’autre sa prose.
En d’interminables colloques ils ont certainement eux aussi, refaçonné le monde à la lueur fuligineuse de quelque quinquet. Pas de comité, mais un secrétaire : Victor Snell. L’œil toujours vif, le sourire un peu narquois, dernier survivant de cette volée fondatrice, alerte nonagénaire, Paul Perrelet contemple, devant son chevalet, le monde en général et Gymnasia en particulier.
Le nom de Gymnasia est préféré à celui de Réalia. Dès février 1890 des procès-verbaux nous font revivre, lors de séances tenues à la Taverne de Rive, l’activité des premiers Gymnasiens. Le 12 février, on accepte les règlements et on nomme le premier comité :
Président : Marc Goetz-Lebaron
Secrétaire-censeur : Victor Snell
Caissier : Jules Bruder
Fuchs major : Adolphe Moosbrugger
Le 19 février, c’est le choix définitif des couleurs. Le noir-bleu-noir remplace le bleu-blanc-or. Peu après, M. Lecoultre, directeur du Collège, autorise la constitution de la nouvelle société. Gymnasia s’installe dans son premier local, sis 18, rue des Allemands. On adopte la devise : Omnia Amicitia. Sous les présidences de Marc Goetz-Lebaron, de Paul Perrelet, de Marc Peter, de nombreux collégiens entrent dans la jeune société, chacun contribuant avec enthousiasme à son développement.
Afin d’établir et de conserver des liens d’amitié entre jeunes et anciens, Victor Snell fonde la société des Vieux Gymnasiens.
On noue des relations avec les sociétés universitaires et, éphémèrement, avec Olympia de Bâle. Le 13 mars 1891, une première soirée est organisée avec succès chez Treiber à la Terrassière. A la fin de cette même année, c’est le premier Réveillon. En récompense de son inlassable dévouement, Gymnasia décerne son premier Ruban d’Honneur à Victor Snell. Deux professeurs sont nommés Membres d’Honneur : Emile Redard et John Kaufmann. De dévouées Gymnasiennes font cadeau au président d’une écharpe brodée, puis, quelques mois plus tard, d’un drapeau qui sera baptisé officiellement le ler mai 1896 à l’occasion de l’ouverture de l’Exposition nationale.
Tout fait alors bien augurer de l’avenir, mais une première et terrible crise de croissance met en danger l’existence même de Gymnasia. Grâce au président Alexis Brissard et à deux anciens, Edmond Boleslas et Alexis Grasset, ce mauvais cap est franchi et, dès 1902, sous la présidence d’Emile Bossus, prématurément disparu, Gymnasia reprend avec l’appui moral et pécuniaire des Vieux, une brillante activité. Cordiales relations avec Paedagogia, Etude de Neuchâtel et Tarentella de Lausanne.
Gymnasia, étant officiellement reconnue par le président du Département de l’instruction publique, on peut voir, le 25 février 1907, pour la première fois dans la cour du Collège, les couleurs noir-bleu-noir. Sous l’influence d’Eugène Fabre, le niveau des travaux littéraires est remarquable et de nombreux professeurs honorent les séances de leur présence. Louis Bertrand assiste au XXème anniversaire de la société. L’automne 1909 voit paraître le premier chansonnier. Le Ruban d’Honneur récompense de nombreux Vieux de leur fidélité et de leur activité. La société participe au Jubilé du Collège. Les années suivantes voient les Gymnasiens particulièrement nombreux. On adopte un nouveau recueil de traditions. On crée un  » Bulletin  » qui deviendra  » La Revue Gymnasienne « . Le 5 juillet 1919 on fête brillamment le XXXème anniversaire et le retour de la paix après quatre longues années de guerre à nos frontières.
Chaque hiver, à la salle communale de Plainpalais, Gymnasia organise, sous l’aimable et experte conduite de Georges Baroz, une soirée théâtrale, suivie d’un bal, avec le plus grand succès. Une période particulièrement faste de son histoire commence. Elle durera quelque vingt ans. Très souvent aux  » Promotions  » le drapeau du Collège est porté par l’un des nôtres. Les séances, très fréquentées par les Vieux, oint lieu à la Grand’Rue, chez  » la mère Duclos  » à qui de nombreuses volées doivent beaucoup de reconnaissance pour tant de patience et tant de compréhension. C’est là, le 1er septembre 1926, que pour la première fois, un fils de Gymnasien ceint le sautoir noir-bleu-noir : Emile Jaquerod, fils du dévoué et fidèle Louis Jaquerod. Chaque année Zaehringia de Berthoud reçoit une importante délégation gymnasienne. Plusieurs fois l’an des « Bummels » rassemblent Gymnasiens et Gymnasiennes particulièrement à Vésenaz.
Le 13 avril 1929, on fête très brillamment le XLème anniversaire, sous la présidence d’Henri Bret. Les Vieux offrent à la jeune Gymnasia un nouveau drapeau. Par deux fois, hélas ! Thémis intervient, peut-être un peu trop lourdement, dans la vie de notre société. C’est, en 1926, la découverte de  » trophées gymnasiens « , puis, quelques années plus tard, l’incident de l’Ecole secondaire. Une fois de plus, grâce au dévouement et aux multiples démarches des Vieux, tout finit par s’arranger.
En 1931 on joue une pièce en un acte et en vers de F. Keppel  » C’est l’heure exquise…  »
En 1932, la salle communale de Plainpalais est abandonnée au profit du Kursaal.
En 1934, au cours du Maifest, on célèbre modestement le XLVème anniversaire. L’année suivante voit la création de  » La guerre des pots  » de Noëlle Roger.
Le recrutement devenant de plus en plus difficile, une période sombre s’ouvre pour les sociétés estudiantines qui se voient contraintes de renoncer aux soirées littéraires. Gymnasia organise un bal à l’Hôtel des Bergues. Néanmoins, en 1937, à la salle des Amis de l’Instruction on joue  » Le beau navire « , de Jean Bard.
En 1938, Paedagogiens et Gymnasiens ont un flirt malheureux avec l’Euterpe du Victoria-Hall ; ce qui leur occasionne, bien entendu, de très sérieux ennuis. Cet incident oublié, Gymnasia prépare dans l’allégresse un somptueux Lème anniversaire. Le 4 février 1939, brillante soirée littéraire et bal non moins brillant (avec trois orchestres) à la salle communale de Plainpalais. Fred Keppel écrit un prologue de circonstance qui sera joué dans un magnifique décor de Maurice Kaspar. Sous la présidence d’Honneur d’Edmond Boleslas, c’est, le 27 mai, la célébration officielle de ce glorieux anniversaire qui se termine, après banquet et partie officielle, par une revue due à la plume de Stilo. A l’occasion de ce Lème anniversaire on publie quatre magnifiques numéros de  » La Revue Gymnasienne « .Quelques mois plus tard, c’est la deuxième guerre mondiale, avec toutes ses séquelles.
Au mois d’août 1948, Gymnasia a la tristesse d’apprendre la mort d’Edmond Boleslas, son président d’honneur. Profondément attaché à Gymnasia, il fit, pendant un demi-siècle, flotter bien haut le drapeau noir-bleu-noir. Pénétré au plus haut point de la devise  » Omnia Amicitia « , il réunit autour de lui de nombreux Vieux-Gymnasiens qui formèrent  » la Vieille Garde  » que le temps, hélas ! amenuise de jour en jour. Le temps de  » l’Aquarium  » n’est plus.
Pour son LXème anniversaire, Gymnasia réunit, le 7 mai 1949, sous la présidence de Jean Faes, qui succède au paternel Paul Silvestre, quelque 250 participants à la salle des Rois. A cette occasion un tandem Stilo-Iturbi’ne se constitue, participant dès lors à toutes les grandes manifestations, moquant sans trop de méchanceté les uns et les autres.
Le 13 septembre 1950, au Coq d’or, de nombreux Gymnasiens assistent à la réception de Reynald Jaquerod, fils et petit-fils de Gymnasien.
En 1934, au cours du Maifest, on célèbre modestement le XLVème anniversaire. L’année suivante voit la création de  » La guerre des pots  » de Noëlle Roger.
Le recrutement devenant de plus en plus difficile, une période sombre s’ouvre pour les sociétés estudiantines qui se voient contraintes de renoncer aux soirées littéraires. Gymnasia organise un bal à l’Hôtel des Bergues. Néanmoins, en 1937, à la salle des Amis de l’Instruction on joue  » Le beau navire « , de Jean Bard.
En 1938, Paedagogiens et Gymnasiens ont un flirt malheureux avec l’Euterpe du Victoria-Hall ; ce qui leur occasionne, bien entendu, de très sérieux ennuis. Cet incident oublié, Gymnasia prépare dans l’allégresse un somptueux Lème anniversaire. Le 4 février 1939, brillante soirée littéraire et bal non moins brillant (avec trois orchestres) à la salle communale de Plainpalais. Fred Keppel écrit un prologue de circonstance qui sera joué dans un magnifique décor de Maurice Kaspar. Sous la présidence d’Honneur d’Edmond Boleslas, c’est, le 27 mai, la célébration officielle de ce glorieux anniversaire qui se termine, après banquet et partie officielle, par une revue due à la plume de Stilo. A l’occasion de ce Lème anniversaire on publie quatre magnifiques numéros de  » La Revue Gymnasienne « .Quelques mois plus tard, c’est la deuxième guerre mondiale, avec toutes ses séquelles.
Au mois d’août 1948, Gymnasia a la tristesse d’apprendre la mort d’Edmond Boleslas, son président d’honneur. Profondément attaché à Gymnasia, il fit, pendant un demi-siècle, flotter bien haut le drapeau noir-bleu-noir. Pénétré au plus haut point de la devise  » Omnia Amicitia « , il réunit autour de lui de nombreux Vieux-Gymnasiens qui formèrent  » la Vieille Garde  » que le temps, hélas ! amenuise de jour en jour. Le temps de  » l’Aquarium  » n’est plus.
Pour son LXème anniversaire, Gymnasia réunit, le 7 mai 1949, sous la présidence de Jean Faes, qui succède au paternel Paul Silvestre, quelque 250 participants à la salle des Rois. A cette occasion un tandem Stilo-Iturbi’ne se constitue, participant dès lors à toutes les grandes manifestations, moquant sans trop de méchanceté les uns et les autres.
Le 13 septembre 1950, au Coq d’or, de nombreux Gymnasiens assistent à la réception de Reynald Jaquerod, fils et petit-fils de Gymnasien.
Le 17 février 1951 les Vieux-Gymnasiens élisent un comité jeune et dynamique sous la présidence de Fred Keppel. Ce comité va s’attacher à maintenir, dans une société aux nouvelles structures et aux courants impératifs, la place de Gymnasia au Collège et dans la cité.
En effet, les jeunes collégiens, sollicités de toutes parts, demandent à la société estudiantine autre chose que ce qu’y recherchaient leur aînés. C’est une des raisons qui rendent le recrutement extrêmement difficile. Faute de participants, les Vieux étant eux aussi sollicités par de nombreuses activités et de nombreux plaisirs, les dîners mensuels sont abandonnés et remplacés, au cours de l’année, par une ou deux grandes manifestations en l’honneur d’un Gymnasien qui se distingue.
C’est ainsi que l’on fête, au Lyrique, par exemple, le 22 novembre 1952, le 80e anniversaire de Paul Perrelet.
Le 8 mai 1954, c’est le LXVème anniversaire. Dans la cour du Collège un nouveau drapeau est offert à la jeune Gymnasia, puis c’est, par une bise glaciale, le départ pour la salle communale de Chêne.
L’année suivante, un concours de circonstances, qui sera peut-être unique dans l’histoire de Gymnasia, place à toutes les charges les plus hautes et les plus honorifiques de notre République, des Vieux-Gymnasiens. Cet événement extraordinaire est souligné par un dîner, au Lyrique, le 25 janvier 1955.
Au Maifest 1956, à Villette, c’est le tour de notre dévoué Membre d’Honneur Georges Baroz. En octobre de la même année, Gymnasia crée à la Comédie une pièce en 4 actes en vers de Fred Keppel  » Villon « , mise en scène de René Habib.
En 1959, c’est le CDème anniversaire du Collège, puis notre LXXème aux Amis de l’Instruction.
Le 23 novembre 1960, un dîner, dit des Procureurs. En effet Jean Eger succède à Charles Cornu. Le Parquet reste ainsi un fief gymnasien.
Au Maifest 1961, à Genthod, les dix ans de présidence de Keppel sont prétexte à un grand rassemblement gymnasien. Il en sera de même le 25 septembre 1962, lors d’une soirée organisée aux Amis de l’instruction en l’honneur du 90e anniversaire du toujours jeune Paul Perrelet.
Depuis longtemps déjà le comité des Vieux-Gymnasiens se préoccupe de l’avenir de Gymnasia qui, au même titre que les autres sociétés portant couleurs, souffre d’une désaffection de la part des collégiens, accaparés par trop d’autres activités. Il est apparu qu’une fusion entre Gymnasia et la société des Vieux-Gymnasiens permettrait, dans une certaine mesure, de faire face à cette nouvelle situation et de surmonter quelques-unes des difficultés qui en découlent. Cette fusion est adoptée par Gymnasia et la Société des Vieux-Gymnasiens et de nouveaux statuts sont approuvés le 13 novembre 1962 et le 29 mai 1963. Désormais Gymnasia compte une section de Jeunes et une section de Vieux, chacune avec son propre comité. Un Conseil gymnasien, formé de Jeunes et de Vieux, veille à la bonne marche de la nouvelle société et prend toute mesure utile quant à son adaptation aux conditions de la vie moderne. Mais dans le cadre de cette réforme de structure c’est toujours l’amitié, comme elle le fut depuis 1889, qui reste la seule raison d’être de Gymnasia.
Ce court résumé de trois-quarts de siècle de vie gymnasienne permet de constater que, si Gymnasia a pu éviter maints écueils, franchir des caps dangereux et rester  » dans le vent « , comme diraient nos cadets, c’est aux anciens qu’elle le doit. Ces Vieux restés très attachés aux souvenirs noir-bleu-noir de leur jeunesse et fidèles à notre devise Omnia Amicitia.
Il est impossible de citer ici tous ceux qui se dévouent ou se sont dévoués dans le passé pour la cause gymnasienne, mais il faut faire une exception et remercier très sincèrement Marius Pernin. Grâce à lui notre Livre d’Or est minutieusement tenu à jour, permettant ainsi un contact permanent avec tous les Gymnasiens.
En cette année de LXXVème anniversaire, dont la célébration a été fixée au 14 novembre, la chance nous sourit. Nos Jeunes, nombreux et sympathiques, inaugureront ce même jour un nouveau local, situé sous la terrasse Agrippa d’Aubigné.
A l’aurore de ce dernier quart de siècle faut-il y voir le signe d’un renouveau et d’un nouvel épanouissement de Gymnasia ?
Extrait du Livre d’Or 1964.

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